Je n'aime pas dire aux gens quoi faire, mais comme je reçois de nombreux messages me demandant des pistes, le mieux que je puisse faire est de proposer la démarche suivante pour impulser du mouvement autour de vous, dans une logique d'empathie, centrée autour de la manière dont chacun appréhende les choses à son niveau (on part de zéro, donc on commence par là), et non une logique de persuasion, encore moins de moralisation ou de culpabilisation.

Ça fonctionne assez bien pour moi, n'hésitez pas à m'écrire à c.farhangi@collaborativepeople.fr pour me faire part de vos avancées éventuelles.

1) Téléchargez cet article proposant une synthèse des risques systémiques, et modifiez-le comme bon vous semble. Réadaptez le jargon, les propos, et les sources comme vous le sentez selon les personnes à qui vous souhaitez vous adresser. Maintenez néanmoins l'esprit ouvert, pacifique, inquiet mais au final enthousiaste.

2) Prenez 2-3 heures pour l'envoyer à 30-40 proches, à 5-10 décideurs dans les entreprises ou services publics, et à vos élus municipaux. Dites-leur simplement que cet article vous interpelle et vous intimide sur la multiplicité et la complexité des défis à relever, que cela vous parait concerner tout le monde, et que vous aimeriez en parler si cela les intéresse également.

3) Insistez pour obtenir des rendez-vous avec vos élus locaux, c'est le minimum syndical en démocratie, et les élus constatent une volonté croissante des citoyens de s'impliquer.

  • Interpellez-les sur leur vision et projet à long-terme pour la commune.

  • Dites-leur que l'échelle locale vous parait pertinente pour bâtir du lien et de la résilience.

  • Proposez-leur de faire une réunion avec les citoyens intéressés pour en parler.

  • Informez-vous dans le même temps sur les communes comparables à la vôtre ayant enclenché des transitions favorisant le lien social, les circuits courts, la sobriété, et l'autonomie énergétique et alimentaire.

Si l'on accepte le constat d'un monde et d'un modèle de société qui butent sur des limites, alors il est possible que l'Etat, le marché et la technologie soient de moins en moins susceptibles d'assurer nos besoins. Dans ce cadre, c'est de plus en plus aux communautés locales de réfléchir et de s'organiser. C'est de là que viendront les leviers d'action les plus pertinents.

4) Insistez également pour échanger avec des décideurs. Ils ne sont pas aveugles non plus, ils constatent les questionnements voire la crise de sens touchant un nombre croissant de leurs collaborateurs. Demandez-leur :

  • Comment ils réagissent à l'article.

  • Ce qu'ils comptent faire pour "prévoir le coup d'après", si la croissance ne revenait pas et/ou si la disponibilité des ressources naturelles ne rebondirait pas et/ou s'il faut de toute façon s'adapter au dérèglement climatique.

5) Avec vos proches, vous n'avez pas non plus à vous excuser de vous sentir inquiet. Certains me disent que la majorité de leur entourage vit dans l'insouciance, ou juge que ces questions sont des "histoires de bobos" (pourtant des milliards de non-bobos souffrent déjà des inégalités, du déclassement social, du manque d'eau et d'énergie, du dérèglement climatique etc...).

Si ça ne les intéresse pas du tout, n'insistez pas. Discutez avec ceux qui sont touchés par ces constats. Demandez-leur ce qui les a particulièrement marqués dans l'article, et pourquoi ils se sentent concernés.

Beaucoup vivent dans l'idée que la croissance est éternelle (ou n'ont pas conscience de ce que signifie un monde sans croissance voire en décroissance), que les ressources sont infinies, et que le dérèglement climatique est une affaire de pays pauvres pour 2100. Dites-leur simplement que vous réfléchissez à la possibilité que cela ne soit pas le cas, que nous soyons tous touchés personnellement, et qu'il soit nécessaire, à nouveau, de prévoir le coup. Cela est contraire au narratif dans lequel la quasi-totalité de la population française a vécu (fin de l'Histoire, progrès infini, solutions technologies à tout etc). Cessez de parler après avoir dit cela, restez calmes et écoutez.

6) Multipliez ainsi les conversations en vous intéressant à ce qui préoccupe vos interlocuteurs. S'ils ne s'intéressent pas au climat, alors ils ne s'intéressent pas au climat. S'ils s'intéressent au système hospitalier, au soin des personnes âgées, ou à la sécurité, alors ils s'intéressent au système hospitalier, au soin des personnes âgées, et à la sécurité. Les limites sociales, économiques, et environnementales de notre monde sont liées. Soyez patients, écoutez, et dites à votre tour ce que vous ressentez et ce que vous pensez faire (et non ce que votre interlocuteur devrait penser ou faire).

 

C'est un peu de travail, mais ça fonctionne et ça crée du mouvement. On refait le bilan dans 6 mois.

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