Vieillissement : une énième limite sur laquelle bute notre monde ?

November 22, 2019

Une fois n'est pas coutume : pour mesurer l'état très préoccupant de notre économie dans notre organisation sociale actuelle, il suffit de faire des calculs à partir de chiffres officiels.

 

Après un article rétrospectif sur notre économie potentiellement "en phase terminale", je prends ici un angle prospectif, partiel mais "structurant" (terme de consultant qui a permis de résoudre magiquement beaucoup de problèmes dans ma vie) : le vieillissement de la population.

 

1) Le nombre de seniors (plus de 65 ans) va augmenter d'environ 2% par an jusqu'en 2035 (de 13 millions à environ 18 millions), hausse particulièrement prononcée sur la tranche 75-84 ans. Vous aurez de plus amples informations dans cet article si vous souhaitez creuser. Je vous y encourage.

 

2) La dépense par senior va également augmenter (au moins pour maintenir le pouvoir d'achat, mais aussi en raison de dépenses croissantes de santé et de dépendance par personne, car les tranches "très âgées" vont particulièrement augmenter). Je ne trouve pas de chiffre précis, mais un ordre de grandeur de +4% par an de hausse globale de la dépense parait très plausible, et correspond à ce que j'obtiens auprès de hauts fonctionnaires qui savent à peu près de quoi ils parlent (vous pouvez aussi plus simplement faire confiance à votre logique).

 

3) L'assiette dont on part est conséquente : les retraites représentent environ 300 milliards d'euros de dépenses publiques, la santé 200 milliards, la dépendance 30 milliards.

 

4) Notre PIB courant n'a augmenté que de 1,4% / an depuis 10 ans (notre PIB/habitant de 0,9%), et ce taux décroit continuellement depuis 50 ans ; le PIB est la base à partir de laquelle on prélève pour financer les retraites, la santé et la dépendance. Croyez-en la modeste expérience de quelqu'un qui baigne dans les CAGR jour et nuit : l'effet ciseaux cumulé sur 15 ans est énorme.

 

5) Nos marges de manœuvre pour redistribuer davantage les richesses me paraissent réduites à peau de chagrin, ou du moins clairement pas à la hauteur de l'enjeu :

  • notre taux de prélèvements obligatoires frôle la moitié du PIB

  • nos dépenses publiques frôlent les 60% du PIB

  • les indices de Gini et autres indicateurs de redistribution (ex. dépenses sociales par rapport aux PIB) indiquent qu'on est relativement égalitaires et redistributifs par rapport à des pays comparables

  • On peut considérer qu'on peut redistribuer toujours plus, mais il faut voir ce qui est techniquement réalisable. On peut en effet observer que l'on bute déjà depuis quelque temps sur la volonté (voire capacité) à payer de la part des contribuables. Notamment dans un contexte économique qui se tend, et qui présente toutes les chances de se tendre bien davantage.

  • Avant qu'on ne me colle une étiquette de je-ne-sais-quel-bord politique de l'ancien monde illimitiste (de "droite" comme de "gauche"), qui a solidement ancré dans son cerveau et sa culture la notion d'infini, qui se pose donc les mauvaises questions, et se défausse de ses responsabilités en trouvant les bons boucs-émissaires (les riches, les fonctionnaires, les chômeurs, les infirmières, les médecins, les Musulmans, les Juifs, les jeunes, les vieux...), sachez que je fais au mieux pour être honnête et lucide, avec une notion de limites.

 

6) Au-delà des chiffres, je vous invite à interroger vos amis qui travaillent en EHPAD ou à l'hôpital. Outre les photos chocs de services des urgences saturés, les signaux faibles comme les tendances lourdes (état psycho-social des équipes, démographie des médecins, difficultés organisationnelles, insuffisance des moyens, désertification médicale, pénurie de médicaments) indiquent que notre système de soins est dans un état de pré-effondrement. Je développerai peut-être un article plus complet sur le sujet une fois que j'aurai réuni les bonnes sources de données et les bons témoignages.

 

Autrement dit, le système pourrait être proche de l'implosion, alors que le "pic de gériatrie" n'est prévu que pour 2035-2040.

 

A développer également : la bonne nouvelle, c'est que je pense, avec d'autres contributeurs, qu'une renaissance est possible (contrairement à un choc pétrolier trop violent ou un dérèglement climatique à +3-4 degrés, qui ne nous laisseraient aucune chance, surtout au vu de notre extrême impréparation et accélération vers le gouffre). De premiers repères sont fournis dans cet article.

 

Mais vous pouvez toujours descendre dans la rue pour demander la tête de Bernard Arnault, ou lire un article dans La Tribune qui explique que les fonctionnaires ne fichent rien.

 

Tout va bien, le monde est infini, le problème c'est les autres.

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

Pourquoi autant de gens ont-ils récemment basculé dans une vision d'effondrement ?

November 9, 2019

1/5
Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives
Please reload

Rechercher par Tags
Please reload

Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2017 par Collaborative People. Créé avec Wix.com

Collaborative People est une SAS au capital de 10 000€

Siren: 823 346 887 – Siret : 82334688700016 – N° TVA intracommunautaire : FR 81 823346887