L'héritage toxique de la Première Guerre Mondiale

 

Les perturbateurs endocriniens sont des substances ou des mélanges chimiques capables de modifier le fonctionnement du système hormonal. Ils sont susceptibles de provoquer des effets nocifs tant chez les individus exposés que sur leur descendance. Si l’incertitude demeure quant à l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine, des précautions s’imposent. Il convient de mettre en place une démarche de prévention visant à supprimer les risques ou, à défaut, de limiter l'exposition des travailleurs, et particulièrement celle des femmes enceintes ou en âge de procréer, à un niveau aussi bas que possible.

 

D'une manière générale, toutes les substances chimiques entrant dans la composition des poudres, des explosifs et des agents chimiques de guerre sont toxiques et peuvent avoir des effets nocifs sur la santé lorsqu'on les absorbe de façon non intentionnée, même à des doses infimes mais répétée sur des périodes de temps assez longues. Ainsi, le perchlorate est considéré comme un polluant « émergeant » qui perturbe le fonctionnement du système endocrinien et dérègle celui de la glande thyroïde.

 

Les effets du TNT, ses impuretés et ses sous-produits de transformation sont également tenus pour responsables de dérèglements parfois graves car ils s'attaquent plus particulièrement aux organes vitaux comme le foie, les reins ou le système nerveux central. Une suspicion d'effets cancérigènes irréversibles s'applique également à ce type de substances toxiques.

 

Le perchlorate substance très mobile dans l'environnement qui a été utilisé dans les millions de munitions employées sur les théâtres des opérations durant la « Grande Guerre » est relativement peu toxique si on le compare à la multitude de composés chimiques formant les poudres et explosifs  de la Première Guerre Mondiale. Les perchlorates étaient alors fabriqués par éléctrosynthèse et mêlés à des cires entrant dans la formulation des projectiles de tranchée français.

 

Que sont devenues les munitions tirées durant la « Grande Guerre » ? Si beaucoup ont explosé d'autres ont suivi un tout autre destin. Tous les ans, le service du déminage de la sécurité civile, retire en France aux alentours de 500 à 700 tonnes d'engins de guerre.

 

Si on considère qu'il y a eu environ 1 milliard de munitions d'artillerie qui ont été tirées sur le front occidental, on estime à 200 millions environ ( certainement plus) de projectiles qui n'auraient pas fonctionné correctement. Même si une partie non négligeable de ces munitions a été retirée du sol, il faut bien considéré que beaucoup d'entre elles y sont encore enfoui, déversant de manière insidieuse leurs composés toxiques à différentes profondeurs en particulier sur les hauts lieux des duels d'artillerie.

 

De ce fait avéré, l'eau de pluie qui circule au contact des explosifs introduits dans ces sols va progressivement dissoudre les fractions solubles qu'ils renferment. Cette eau chargée de produits chimiques dissous peut alors s'infiltrer vers la profondeur en entraînant avec elle son contenu jusqu'aux nappes phréatiques.

 

Par ailleurs, les millions de munitions chimiques utilisées pendant la Première Guerre Mondiale sont celles qui ont les parois les plus fines. Elles sont donc particulièrement sensibles à la corrosion et pourraient fort bien libérer leur contenu hautement toxique au fil du temps qui s'écoule...en polluant de manière silencieuse mais certaine les sols aujourd'hui cultivés et les nappes phréatiques qui se trouvent au dessous.

 

Aucune étude sérieuse n'a vraiment été menée pour déterminer de manière précise la dangerosité de cette dispersion de toxiques chimiques, pour la plupart perturbateurs endocriniens, dans les sols qui ont été martyrisés par les tirs de millions de munitions ,chimiques ou non, au cours de la Première Guerre Mondiale. Seuls des prélèvements relatifs à la teneur en métaux lourds ont été régulièrement effectués afin de déterminer si les sols pouvaient être exploités à nouveau.

 

Il convient donc de se pencher sur cette question avec acuité car plus de cent ans après la fin de la « Grande Guerre » il se pourrait bien que l'héritage toxique qu'elle nous a légué soit la cause d'une résurgence de maladies inattendues mais bien réelles.

 

 

Références :

 

–       INRS 2018 les perturbateurs endocriniens

–       Sur les traces d'un secret enfoui de Daniel HUBE édition Michalon

 

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