La crise actuelle n’est qu’humaine (mais cela ne durera pas)

Par Stéphane Audrand et Cyrus Farhangi


La crise économique qui enfle comme une vague devant nous est là, énorme. Elle semble menacer les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques modernes : dette, chômage, effondrement industriel, déficit extérieur, déclassement de populations, de régions, d’Etats entiers… Pour beaucoup de penseurs et de militants de la « décroissance » et de la « collapsologie », nous assistons à un point d’inflexion, au début de l’inexorable descente qui va précipiter la chute de la civilisation thermo-industrielle.


A bien des égards, la crise que nous traversons actuellement est encore tout à fait conventionnelle : il s’agit d’une crise comportementale issue de choix de civilisation, de décisions politiques et son impact ne se fait paradoxalement sentir que parce que les fictions et les constructions intellectuelles qui régissent notre quotidien « tiennent », au lieu de s’effondrer. Elle aurait pu survenir en 1990 ou en 2010 avec, sensiblement, les mêmes comportements politiques et les mêmes « modes de relance » économique.


Il ne s’agit pas là d’ailleurs de prétendre que nous allons pouvoir continuer longtemps « comme ça » et que le XXIe siècle n’apportera pas de crise majeure pour l’espèce humaine, arrivant à un carrefour terrible entre cataclysme climatique, effondrement des écosystèmes et raréfaction des ressources matérielles sur lesquelles repose notre civilisation. Non, en effet, il est plus que probable qu’il soit déjà bien trop tard pour inverser les tendances globales qui vont amener le climat au-delà de 3 degrés de réchauffement, nous faisant entrer brutalement dans une ère d’instabilité qui menacera notre survie même en tant qu’espèce.


Pour autant, la situation actuelle nous en dit sans doute un peu moins sur les crises que nous affronterons que sur notre incapacité chronique à dépasser les crises que nous avons déjà affrontées. Et le fait que nous soyons encore en capacité de faire de la « vieille politique » et de tenter de relancer la machine (une dernière fois ?) par les vieilles méthodes de la dette et de la dépense publique sans transformer les fondements mêmes de notre système économique nous suggère en fait la portée très limitée de la crise, même si un tel propos peu sembler provocateur.


L’impact concret de la pandémie actuelle sur les déterminants matériels de notre civilisation est à peu près nul : le pétrole est encore présent en quantité suffisante pour répondre à la demande, le gaz est surabondant, le charbon disponible un peu partout, les barrages ne manquent pas (trop) d’eau, les centrales nucléaires, les éoliennes et les panneaux solaires produisent. En clair, il n’y a pour l’heure aucune tension sur l’énergie autre que celles construites par les comportements humains (spéculation, réserve, prix de vente, raccordement des réseaux). La situation est la même pour toutes les matières premières : acier et aluminium, cuivre, lithium, semi-conducteurs, rien n’est en pénurie en 2020 parce que la demande ou les besoins – plus ou moins légitimes et pertinents – dépasseraient de loin l’offre, la capacité à produire, la disponibilité réelle. Si certaines industries, comme l’aéronautique, sont à l’arrêt, c’est par choix, par manque de demande construit par le résultat de décisions politiques, pas par manque de matières premières ou d’énergie. Le cas du pétrole de schiste américain est emblématique : la production s’effondre, mais les ouvriers et les foreuses sont toujours là, de même que les ressources qui étaient exploitées. Il n’y a pas eu d’épuisement, de destruction ou d’hécatombe, mais « juste » un arrêt de production pour raisons économiques. Cette production peut ainsi être relancée par de l’argent plus ou moins « magique ».


L’industrie du médicament tourne à plein régime et, s’il est frustrant de voir s’accumuler les tensions sur les flux, on ne peut pas dire que l’humanité soit en manque de moyens de soins par manque de ressources. La capacité à fournir des soins est encore avant tout le résultat de choix politiques en termes de dépenses et de stocks, pas de disponibilité des matières premières ou de l’énergie. Globalement, toutes les industries sollicitées dans la pandémie parviennent à produire ce que l’on attend d’elles, avec une cadence qui s’adapte encore en fonction de la demande sans être vraiment contrainte autrement que par l’adaptation des fournisseurs, mais pas par un manque de ressources.


Même si le changement climatique commence à peser de manière chronique ici et là sur les rendements agricoles, il n’y a pas de pénurie mondiale alimentaire qui serait liée à un « défaut d’offre », à un manque effectif de calories. Même si certaines récoltes de céréales cette année n’ont pas été très bonnes (-20% sur le blé français par exemple) et que des doutes ont plané sur les flux logistiques, l’alimentation est globalement disponible. Les craintes de l’ONU ne se sont heureusement pas (pour l’heure) concrétisées, grâce à la combinaison de stocks existants et de bon fonctionnement des flux logistiques mondiaux maritimes, routiers et ferroviaires. Les famines et les tensions alimentaires sont toujours en 2020 le fruit de constructions sociales, de choix politiques : privilégier la propriété privée et l’exportation au détriment des populations locales, favoriser des filières industrielles d’élevage au détriment des cultures vivrières, mettre en place ou réduire une aide alimentaire pour les plus démunis… Seule la pêche commence, depuis une dizaine d’années, à plafonner dans ses prises (sans pour autant s’effondrer et au prix d’un pillage des océans) mais, pour l’heure, l’aquaculture répond « globalement » à l’augmentation de la demande. A l’échelle mondiale, la quantité de nourriture disponible et les capacités de transport permettent toujours d’alimenter en théorie chaque personne. Pour l’instant.


Notre civilisation n’a pas subi non plus de destructions massives. La saison des cyclones est de plus en plus difficile, les accidents climatiques se multiplient, ils annoncent des jours bien sombres, mais leur impact global est encore limité. Nous n’avons pas non plus subi dans nos territoires de dévastations matérielles causées par de grands conflits industriels comme les deux dernières guerres mondiales ou, pour remonter plus loin, comme la Guerre de trente ans qui, de 1618 à 1648, vit périr peut-être un tiers de la population de l’espace germanique. Ni ravages de la guerre donc, ni pénuries alimentaires, ni astéroïde géocroiseur, méga-tempête solaire ou supervolcan. Nos maisons sont debout et nos supermarchés remplis. Si nous nous retrouvons à la rue ou avec une assiette vite, c’est le résultat de choix humains, de constructions intellectuelles, de fiction sociales admises, pas de pénuries ou de destructions réelles.


Sur le plan humain, enfin, le tribut prélevé par la pandémie est singulièrement faible. La mort est toujours une tragédie et les familles endeuillées sont dans une souffrance bien réelle. Et la somme accumulée de cette souffrance s’ajoute aux difficultés entrainées au cas par cas par les décès de personnes sur les épaules desquelles reposait la sécurité économique de leur famille. Mais de manière globale, avec un, deux, peut-être trois ou à terme quatre millions de morts imputables au nouveau coronavirus à l’échelle de la planète, l’impact humain demeure faible. Il concerne en outre essentiellement des personnes qui ont déjà accompli l’essentiel de leur vie familiale et professionnelle, élevé leurs enfants, fourni à la société une grande partie de leur contribution économique, intellectuelle, artistique et morale. Et elle ne concerne pas vraiment nos enfants. Songeons-y : une maladie à 10% de létalité et qui toucherait les plus jeunes nous aurait – physiquement – précipités dans un « autre monde ». Pour l’heure, l’impact des mesures sanitaires pèse sur notre santé mentale et sur la cohésion sociale de nos sociétés, mais il demeure « soutenable » à l’échelle des vicissitudes de la civilisation depuis quelques siècles.


Cela ne veut pas dire d’ailleurs que les choix qui sont faits pour préserver la vie humaine sont déraisonnables : préserver la vie des autres, même au détriment de certaines activités économiques, est une expression de la dignité humaine, un signe que, pour la plupart d’entre nous, la solidarité et l’empathie sont là, et que la vie doit être préservée, même lorsque ces mesures ne sauvent « que » des personnes de plus de 80 ans (dont on oublie un peu trop souvent la tragédie que constitue la perte précoce de leur mémoire pour la collectivité). Nous ne sommes pas face à un problème sanitaire systémique mettant en jeu la survie de notre civilisation, comme cela a pu être le cas lors de l’arrivée des maladies européennes aux Amériques au XVe siècle ou lors des grandes épidémies de peste noire qui ont décimé les populations médiévales. Nous sommes encore dans la volonté de préserver chaque vie « par principe » sans entrer dans un calcul d’économie qui définirait le droit à vivre de chacun en fonction de ses mérites ou de son utilité, un abyme qui nous ramènerait aux barbares idéologies du siècle précédent qui avaient précisément fait leur fonds de commerce de cet arbitrage d’utilité prétendue entre les vies humaines.


Pas de contrainte matérielle, pas de contrainte alimentaire, pas de contrainte énergétique autres que celles que nous avons créées, pas d’hécatombes et de destructions massives. Tout est « encore là », la nature et les hommes.


Et pourtant, depuis le début, beaucoup de militants et de théoriciens du « changement », de la collapsologie, de l’écologie, ont un discours qui tourne autour de l’idée que « ça y est », nous y sommes, c’est le grand point d’inflexion.


Ce n’est pas forcément faux, et il est possible que les suites sociales de la crise économique dans laquelle nous entrons déstabilisent nombre de pays et les fasse basculer dans des situations très problématiques qui pourraient aboutir, par effet d’emballement, à un ou plusieurs épisodes de crises socio-économiques entrainant des « effondrements » comme ceux qu’a connu l’URSS sur la décennie 1990-2000. Oui, dans vingt ans, quand nous nous retournerons sur cette année 2020, nous la verrons peut-être comme la première d’un basculement similaire à celui qui entraina de spectaculaires reculs de l’espérance de vie, de la qualité de vie, de la démographie et de la sécurité du quotidien dans l’ancien espace soviétique. Reculs qui, rappelons-le, se produisirent alors que le climat était stable, l’énergie disponible et le reste du monde « raisonnablement stable ».


Les années qui viennent confirmeront sans doute que notre civilisation d’Europe occidentale est arrivée à un « plateau » dans les années 2008-2010, avec un infléchissement de l’espérance de vie en bonne santé, des naissances et une augmentation des suicides et de l’émigration. Or ces points sont mis en exergue par les démographes, car ils disent la volonté qu’a une société de se perpétuer ou non.


Pour autant, il faut admettre que la totalité de ces drames sont uniquement liés à des choix humains et à des comportements humains. Si des « effondrements » surviennent dans les 5 à 10 ans, ils ne seront pas liés à des contraintes matérielles ou énergétiques, mais uniquement sociales, aux limites de nos « fictions » : fiction sur la monnaie, fiction sur la dette, fiction sur la marchandisation du travail, fiction sur les flux d’idées et de services, fiction sur la propriété. Nos sociétés humaines reposent en grande partie sur ces fictions qu’il ne s’agit pas de dénigrer, mais qu’il convient de relativiser. La « sacralité » de la dette est nécessaire au fonctionnement d’une partie de l’économie en régime de croisière. Mais elle ne constitue nullement un actif réel intangible. Une tonne charbon constitue une réserve effective d’énergie. Une tonne de grain représente à la fois une somme de calories et un potentiel de semences. Une reconnaissance de dette ne demeure qu’une convention sociale entre humains qui peut, parfois, être utile pour faciliter la production de l’un ou l’autre des actifs matériels. Mais une dette ne nous nourrit pas, elle n’allume aucune lampe. Une tonne d’or… n’a jamais que l’utilité matérielle du métal en utilisation industrielle. Pour le reste, l’étalon de valeur qu’il a constitué depuis longtemps repose, là encore, sur des conventions sociales. Sa pertinence réelle pour notre espèce peut-être estimée, comme beaucoup d’autres actifs, par la « question du naufrage » : est-elle utile sur une île déserte, pour survivre ?


Notre civilisation repose effectivement sur ces deux piliers : un socle matériel et un socle comportemental. C’est ce dernier, et lui seul, qui est aujourd’hui en crise. Et les solutions pour le réparer ont l’avantage d’être des décisions purement humaines. Depuis les réformes de Solon en Grèce antique qui avaient conduit à « passer l’éponge » sur un stock de dettes jusqu’au « quantitative easing » en passant par la banqueroute de Law ou les bricolages monétaires de Hjalmar Schacht, les sociétés humaines ont connu, et connaitront encore, des crises et des mécanismes de règlement dont le cœur se situe essentiellement au niveau de leviers sociaux et comportementaux, sans que des contraintes matérielles ou démographiques ne soient à l’œuvre. Cette crise actuelle est peut-être la plus aboutie de toutes car elle est véritablement globale et va affecter la quasi-totalité des peuples, des civilisations, des Etats et des activités humaines. Et surtout, elle se situe bien « au bord du gouffre » sur le plan matériel.


D’ailleurs, l’immense majorité des mesures actuelles de « relance » s’appuient justement sur ces fictions, et notamment celles du système monétaire : toujours plus de dette, toujours plus de liquidité, toujours plus d’imaginaire pour que, à l’image du Baron de Münchhausen, nous sortions du marais en nous tirant par nos propres cheveux. Cela peut fonctionner, précisément parce que c’est une décision humaine qui a mis le système à l’arrêt et que donc, une autre décision peut le faire démarrer tout aussi soudainement. En 1945, au milieu des ruines, il fallait reconstruire physiquement l’Europe occidentale et attendre 20 ans qu’une nouvelle génération comble une partie des pertes démographiques. Heureusement, la disponibilité énergétique et matérielle à l’échelle planétaire rendait la tâche aisée.


Entendons-nous bien : le redémarrage forcé du système économique actuel, la recherche de cette lubie de croissance « whatever it takes » du PIB ne sont pas des solutions viables ou durables. Elles ne font que prolonger artificiellement un compromis issu de la crise des années 1930, celui du « New deal », moins une « nouvelle donne » qu’un « nouvel compromis » : on avait alors mis de côté les questions fondamentales : quoi produire ? Comment produire ? Qui produit ? Qui décide ?... Au profit d’un compromis sur le partage de la valeur ajoutée dans le cadre de la construction de l’Etat social, au moment où nous connaissions la conjonction rare d’une abondance énergétique, d’une stabilité climatique et d’un magnifique progrès technique. Ce compromis, cet « esprit de Philadelphie » reposait sur l’expérience douloureuse de près de trente ans de violences quasi ininterrompues de 1914 à 1945, et qui avait vu l’industrialisation de la mort et la déshumanisation des rapports sociaux. On avait admis, dans le sang, qu’il n’y avait pas de « paix durable » sans justice sociale et, pour ne pas remettre en cause les fictions les plus profondes de nos sociétés, la propriété, la dette, la monnaie, l’Etat, on avait trouvé ce formidable compromis de l’Etat social qui repose, malheureusement, sur une inexorable croissance permanente de la richesse produite à répartir, seul moyen d’améliorer les conditions de vie de chacun, sans cesse, sans remettre en cause l’ensemble des rapports sociaux. Nous avons vécu depuis lors l’œil rivé sur l’indicateur du volume des échanges, le PIB, pour nous assurer qu’il croissait et, avec lui, la qualité de vie.


C’est à l’aune de cette mémoire qu’il nous faut contempler la crise actuelle, une crise avant tout humaine, sans contraintes matérielles pour l’instant.


Les tensions sont pourtant bien réelles en apparence, comme en témoignent la stagnation économique du vieux continent, l’accroissement des inégalités, le déclassement social et l’érosion des modèles du salariat, de la classe moyenne et de la démocratie représentative. Mais là encore, ces tensions sont le fruit de choix politiques et économiques, pas de contraintes matérielles ou énergétiques qui, à l’échelle mondiale comme à l’échelle nationale, pèsent peu. Si certains Français ne mangent pas, ce n’est pas encore parce que la nourriture manque de manière intrinsèque dans le pays.


Car cela ne durera pas. Nous aurons, bientôt, à des échelles plus ou moins locale et intermittente, à subir des tensions matérielles, énergétiques, alimentaires. Il y a peu de chances qu’au 21e siècle les écosystèmes et la planète qui les porte parviennent à « fournir » l’humanité en surplus de matière premières, d’énergie et de nourriture de manière suffisante pour que nos problèmes ne restent qu’humains. La crise sera alors une crise de la contrainte, de la pénurie, qu’aucune banque centrale ne pourra racheter par une fiction qu’elle ajouterait à son bilan, lui-même fictif. Un monde à +3° ou +4° entrainera sans doute, dans de nombreux endroits du monde, des conditions qui seront physiologiquement insupportables pour l’espèce humaine en tant qu’être biologique. Le transhumanisme permettra peut-être à une infime partie de nos congénères de s’affranchir de leur condition humaine et d’épouser pleinement la fiction en tant que mode de vie, au moins pour un temps. Mais pour l’immense majorité d’entre nous, l’ère des contraintes matérielles, énergétiques et alimentaires s’approche. Et aucun système politique ne pourra plus « mieux répartir » ce qui ne sera plus là ou acheter par la fiction d’une dette ce qui n’est plus disponible sur le « marché ». Il sera trop tard. Et cela en sera aussi fait d’un monde dans lequel il es objectivement plus facile, moins couteux et moins risqué d’acheter une ressource que de la prendre par la force. Aujourd’hui, objectivement, on ne fait pas de « guerre de haute intensité » pour des questions de ressources. Mais dans 30 ans ?


Puisque nous ne sommes pas (encore) dans une « crise de l’effondrement » matériel, mais peut-être juste dans celle de l’effondrement de nos fictions comportementales, il est donc encore temps de s’attaquer à la redéfinition de notre modèle de civilisation. Cela suppose, bien entendu, de renoncer à la société de consommation et à ce modèle qui surveille la croissance des échanges, à ce modèle dans lequel la justice sociale n’est qu’un « sous-produit vertueux » de la croissance. Il est temps de questionner la valeur sociale des choses, à l’aulne de leur impact sur l’humanité et la biosphère. Nous avons encore « un petit peu de temps » pour utiliser au mieux les ressources disponibles pour notre civilisation thermo-industrielle, pour nous préparer à subir des contraintes qui imposeront de faire des choix éthiques bien plus douloureux que de porter quelques centimètres carrés de polypropylène devant nos visages ou de nous demander si nous faisons un lundi sans viande. Questionner l’utilité sociale des choses, des actes et des modes de consommation, la légitimité des inégalités et des fictions sociales est plus que jamais une impérieuse nécessité si nous voulons préserver à la fois la survie de notre espèce mais aussi, pour nous Européens, cette idée fondatrice qu’il est possible de construire une société humaine sur le gouvernement des lois, le respect de la dignité de la personne, avec la paix comme mode de vie, la solidarité comme crédo et la coopération comme mode de fonctionnement principal.


Nous vivons peut-être la dernière « relance par la fiction » possible dans notre système de production. Ne la gaspillons pas.


Le rationnement vient. La pénurie vient.


Non, nous ne sommes pas encore « vraiment » en crise.

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