"Villes-éponges", digues flottantes... comment 4 grandes villes se préparent à la montée des eaux



Partout dans le monde, l'élévation du niveau de la mer est inévitable. Les solutions d’adaptation deviennent alors une priorité pour tous. Selon le rapport de Climate Central, Shanghai serait la ville la plus touchée, avec 76% de sa population qui se retrouverait les pieds dans l’eau, pour un réchauffement climatique de 4°C d’ici 2100. Pour cette même hausse de température, un quart de la population new-yorkaise serait également affectée par la montée des eaux. En Europe, Londres et Venise font également partie des villes faisant face à un risque d’inondation de plus en plus élevé. Cet article a pour simple but de décrire quelques actions engagées par ces quatre villes.

En 1998, de graves inondations provoquées par le débordement du fleuve Yangzi Jiang à Shanghai ont causé la mort de plus de 3000 personnes. Pour atténuer et s’adapter au mieux à la montée des eaux à l’avenir, les autorités de Shanghai investissent dans des stratégies de protection (renforcement de digues), envisagent des relocalisations de populations, mais implémentent également des schémas d’ingénierie et de reperméabilisation des sols. En 2014, la Chine lance l’initiative dite de la « ville éponge ». Les 30 villes bénéficiaires ont reçu plus de 12 milliards de dollars de financement ; le gouvernement fédéral participe à environ 15-20% du financement, le reste est financé par les gouvernements locaux et des investisseurs privés. Cette stratégie a pour objectif d’absorber ou de réutiliser 70% des eaux pluviales par 80% des terres urbaines (espaces publics, écoles, zones résidentielles). Ainsi, Shanghai a investi dans des chaussées perméables, des étangs artificiels, des zones humides et des jardins pluviaux qui stockent les excès de pluie dans des réservoirs de stockage et des tunnels souterrains.

Aux États-Unis, New York est l’une des villes les plus sujettes à l'élévation du niveau de la mer et à l'intensification des tempêtes. A l’image de Shanghai, des solutions basées sur la nature peuvent aider la ville à s’adapter au mieux à la montée des eaux. Ainsi, l’année dernière, le magazine The Corps Environment a publié un rapport final présentant un projet de travaux de génie civil estimé à plus de 600 millions de dollars pour faire face aux inondations dans la péninsule de Rockaway et la baie de Jamaica. Le projet a pour objectif de restaurer et de créer plus de 9 hectares de zones humides et de forêts dans ces zones. Cependant, les services écosystémiques comme l’amélioration de la qualité de l’eau, la séquestration du carbone, l’oxygénation et la restauration de l’habitat n’ont toujours pas été pris en compte dans l’analyse coût-bénéfice du projet, car difficiles à quantifier. De ce fait, d’un point de vue économique, la balance penche toujours en faveur de la construction de digues artificielles, en béton ou en acier. Néanmoins, cette initiative nous montre que les infrastructures naturelles sont de plus en plus considérées comme des solutions pertinentes face à l’élévation du niveau de mer et aux risques d’inondation.

Londres a toujours été menacé par la mer, du fait du fleuve de la Tamise qui la traverse. Suite aux crues historiques subies en 1953, une barrière a été construite en aval de la ville, sur la Tamise, en 1982. Elle protège 1,25 million de personnes, des biens d'une valeur de 200 milliards de livres sterling et des infrastructures telles que le système ferroviaire souterrain (RGS, Twentieth Century Challenges, 2020). Les experts estiment cependant que la barrière ne sera plus suffisante pour protéger Londres à l’avenir. À sa création, la barrière était utilisée en moyenne environ 2 à 3 fois par an contre 6 à 7 fois par an de nos jours (UNESCO, 2020). Face à cette situation, le maire de Londres et ses partenaires travaillent pour sensibiliser au mieux la population londonienne à toutes formes de risque d’inondation. Dans une optique de résilience, la ville investit dans la recherche et le développement de nouvelles mesures d’adaptation à la montée des eaux. Ainsi, un nouveau plan de protection a été élaboré en 2016 par la municipalité et l'Agence pour l’environnement. Des toits et des murs végétalisés ont été mis en place afin d’isoler les bâtiments. Ceci permet d’atténuer les risques d’inondation, mais également de réduire les demandes en énergie, d’améliorer la qualité de l’air et de soutenir la biodiversité. En matière de système de drainage durable, des fosses d’arbres gèrent les eaux pluviales et régulent la température (système de Stockholm), diminuant les risques d’inondation et améliorant la qualité de l’eau.

Venise s’adapte de façon innovante à la montée des eaux et ce, depuis des siècles. Elle compte notamment sur la forte prise de conscience de ses citoyens et leur capacité à adopter des mesures d’adaptation pour protéger leurs biens, en particulier le patrimoine culturel de la ville. La protection et l'amélioration des rez-de-chaussée, l'adaptation des systèmes électriques et la mise en place de barrières en acier à l'entrée des bâtiments sont des exemples de mesures d’adaptation (Indirli, 2014). Cependant, avec les effets de plus en plus dévastateurs du changement climatique, ces mesures ne seront plus suffisantes dans les années à venir, et d’autres plans d’adaptation doivent être envisagés. Le projet MOSE représente depuis plus de 17 ans, le principal plan de lutte contre la montée des eaux. Il consiste à construire 78 digues flottantes (voir cette vidéo ou celle-ci) qui se lèveront pour fermer la lagune en cas d’une augmentation du niveau de la Mer Adriatique. En raison d’une série de scandales de corruption, de hausse des coûts et de controverses politiques, le projet est retardé jusqu’en 2022 et n’est donc toujours pas opérationnel. De plus, de nombreux experts estiment que ce projet est dépassé et non adapté à la situation actuelle. Pour s’adapter au mieux, l’association Greenpeace considère qu’il faut en priorité une prise de conscience générale sur les causes de la montée des eaux (déforestation, énergies fossiles, etc.) en Italie.

N’hésitez pas à réagir sur les réseaux sociaux et à partager d’autres initiatives allant dans le sens de l’anticipation des risques de submersion ou d’érosion côtière.

Sources de l’article :

Climate Central. Mapping choices. Carbon, climate, and rising seas, our global legacy, November 2015. https://sealevel.climatecentral.org/uploads/research/Global-Mapping-Choices-Report.pdf

MUGGAH Robert. How China’s sponge cities are preparing for sea-level rise. World Economic Forum. https://www.weforum.org/agenda/2019/06/how-china-s-sponge-cities-are-preparing-for-sea-level-rise/

KOLLER Steve, Nature-based solutions can help the US East Coast adapt to rising seas and intensifying storms. Global Center on Adaptation. Disponible sur : https://gca.org/solutions/nature-based-solutions-can-help-the-us-east-coast-adapt-to-rising-seas-and-intensifying-storms

Chapter 8: Adapting to climate change. London Environment Strategy. https://www.london.gov.uk/sites/default/files/adapting_to_climate_change.pdf

WRIGHT Liz, Sea level rise in London. Openlearn. https://www.open.edu/openlearn/nature-environment/environmental-studies/sea-level-rise-london-uk

MOLINAROLI Emanuela, GUERZONI Stefano et SUMAN Daniel, Do the Adaptations of Venice and Miami to Sea Level Rise Offer Lessons for Other Vulnerable Coastal Cities? https://www.redicomar.com/wp-content/uploads/2019/09/Molinaroli_et_al-2019-Environmental_Management.pdf


BRAS Lucie, Montée des eaux, mur en construction… Peut-on vraiment sauver Venise ?. 20minutes. https://www.20minutes.fr/monde/2650827-20191113-montee-eaux-mur-construction-peut-vraiment-sauver-venise


LAVANGA Claudio, As sea levels rise, Venice fights to stay above the waterline. Nbcnews. https://www.nbcnews.com/news/world/sea-levels-rise-venice-fights-stay-above-waterline-n1135661

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